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#Equitaxe : Et si on changeait de tactique ?

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#Equitaxe : Et si on changeait de tactique ?

C’est l’actualité du moment. Incontournable dans toutes les discussions, dans tous les journaux et surtout dans tous les clubs équestres de France, le sujet de l’équitaxe est un sujet qui fâche. Et il y a de quoi.

Il existe une multitude d’articles traitant du pourquoi du comment et des conséquences que cette nouvelle taxe aura sur la filière, on ne va donc pas s’étendre là-dessus.

Personnellement, je trouve ça injuste. D’une part pour les chevaux, comme tout passionné qui se sent concerné, mais aussi et surtout parce que nos amis phallocrates du gouvernement ne semblent pas très au fait que la filière équine ce ne sont pas que des poneys clubs où on joue « à dada sur mon bidet ».

Non, la filière équine ce sont des milliers d’emplois qui sont en jeu et pas seulement au sein des centres équestres :

– Vétérinaires

– Dentistes et ostéopathes équins (et l’ensemble des disciplines associées comme le shiatsu)

– Agriculteurs

– Marchands de matériaux (pour la construction et la rénovation des structures)

– Marchands de matériel d’équitation : magasins de sports, magasins spécialisés, selleries, marques associées, etc…

– Concessionnaires automobiles et autres (vans, camions…)

– Et tous les métiers qui sont de près ou de loin, associés aux activités équestres.

Alors bien sûr, j’entends les critiques qui fusent de ci de là pour dire que « Quand la TVA a baissé il y a quelques années, les centres équestres n’ont pas franchement baissé leurs tarifs ! » « Il y a quand même des problèmes plus importants ! Les commerçants qui mettent la clé sous la porte, les agriculteurs qui vivent sous perfusion des aides de l’état et des aides de l’Europe (mais préfèreraient vivre de leur travail soit dit en passant) et on ne parle pas des retraites des fonctionnaires qui coûtent des milliards chaque année à l’état (non, ça on ne va pas en parler sinon on risquerait de s’agacer) » Etc, etc…

Certes, on peut le prendre comme ça. Mais on peut aussi dire STOP, ça suffit. Trop d’impôts tue l’impôt et le peuple finit par se demander à quoi sert tout ce qu’il paye et pourquoi il devrait le payer. On ne va pas entrer dans cette polémique, on n’est pas là pour ça.

Très modestement donc, il m’est venu plusieurs choses à l’esprit suite à une conversation avec un monsieur fort intéressant qui m’a fait la réflexion suivante :

« Les centres équestres se sont montés en société (SARL, EURL, SAS, etc…) sous la pression du gouvernement mais également de la FFE. Si tous les centres équestres de France repassaient sous un statut associatif, plus de problèmes de TVA. Certes elle ne serait pas remboursée, mais surtout, elle ne serait plus collectée »

BON SANG MAIS C’EST BIEN SÛR !

Voilà un excellente moyen de couper l’herbe sous le pied des bureaucrates qui n’ont jamais du en voir la couleur.

L’association comment ça marche ? Pour faire simple, du côté des membres, vous payez votre cotisation, vous votez lors des assemblées générales et prenez part aux décisions qui concernent le club, vous continuez de monter comme d’habitude, vous payez vos cours, vous sortez en concours… Bref, rien ne change si ce n’est une solidarité plus grande car par exemple, l’argent récolté par l’association peut aider à financer les sorties en concours pour ceux qui n’en auraient pas les moyens. Et ce qu’il y a de bien c’est que même les parents peuvent devenir membres, même s’ils ne montent pas à cheval ! Bref, tout le monde peut devenir membre d’une association. Plutôt pas mal non ?

Côté gérant du club : Vous devez constituer un bureau qui comprend à minima un président (ou une présidente) et un trésorier (trésorière). Ensuite, libre à vous de définir les modalités de fonctionnement de l’association : avec ou sans conseil d’administration, plusieurs secrétaires, plusieurs trésoriers, plusieurs présidents adjoints, utilisation du matériel, tarif des cotisations, organisation des concours, etc… Là, en revanche, un peu de changement car il y a plusieurs contraintes : par exemple, le président ne peut pas être salarié du club, il vaut mieux donc ne pas se tromper dans le choix de celui-ci ! Vous pouvez bénéficier d’aides pour le financement du salaire de votre éducateur sportif (ce n’est pas obligatoire et ce n’est pas automatique, mais ça peut aider au démarrage), et surtout terminé les tracasseries et les histoires de TVA… Et surtout, le statut associatif n’empêche pas de gagner de l’argent !

Autre point positif : Les entreprises peuvent cotiser et devenir membres d’honneur et surtout, l’association peut mettre en avant le fait que cette cotisation sera déductible de ses impôts (même chose pour les particuliers).

Une idée à explorer donc, parce qu’au final, une association est bien plus facile à gérer qu’une entreprise et c’est moins de tracas (et accessoirement, moins de paperasse).

Qu’en pensez-vous ? Croyez-vous qu’il soit possible pour les centres équestres de passer sous un statut associatif ?

Un autre point qu’il serait bon de soulever. Durant les manifestations et dans toute la presse, on peut lire que ce sont 80 000 chevaux qui partiront à l’abattoir faute de moyens pour les entretenir. Et là on entre dans un débat quasi stérile avec certaines personnes (même s’il est compréhensible). Pourquoi mettre des chevaux à l’abattoir ?

Le problème n’est pas simple et pose un problème de conscience à bon nombre de clubs en France. Mais soyons objectifs : un centre équestre qui ne pourra plus entretenir un cavalerie de 50 chevaux, sera dans l’obligation de se séparer d’une vingtaine pour arriver à boucler les fins de mois et éviter de mettre la clé sous la porte et ainsi perdre les 50 chevaux. C’est une véritable torture d’en arriver là. Sauf que pour certains, c’est déjà la triste réalité.

Alors que faire ? Et bien, on pourrait commencer par se poser une question toute simple : D’où viennent tous ces chevaux ? Il faut quand même bien se dire qu’à un moment donné, un poulain est né quelque part. Chez un éleveur ? Chez un particulier ? Chez un maquignon ? Dans une association de sauvetage ?

Parlons un peu des éleveurs : Si certains d’entre eux sont des professionnels avisés qui vise une sélection optimum pour des résultats à la hauteur de leurs espérances et si certains préfèrent produire des chevaux de qualité en petit nombre, on ne peut pas en dire autant des autres… Des élevages surpeuplés de poneys/chevaux qui coûtent plus que ce qu’ils ne rapporteront, des éleveurs qui produisent des chevaux par centaines pour avoir la chance de sortir un jour un crack, des éleveurs qui laissent leurs chevaux/poneys au fond du pré et qui ne les sortent que la veille de voir l’acheteur, des éleveurs qui vendent des produits tout en sachant qu’ils souffrent d’un grave problème et j’en passe…

L’élevage français est entré dans une phase de surproduction où l’on doit produire et reproduire encore jusqu’à saturation pour fournir un marché qui est à l’asphyxie, étouffé par autant de chevaux et de poneys qu’il n’arrive plus à les placer. Ne devrait-on pas commencer par là ? Contrôler et réguler la production et l’élevage équin en France ? Ne produire que de la qualité et non plus de la quantité (dont on sait qu’une bonne partie finira dans les camions en partance pour les abattoirs) ?

Ne serait-il pas utile de mettre en place un système de prévention pour les jeunes cavaliers qui souhaitent acquérir une monture en leur expliquant les conséquences d’un tel achat ? Ne devrait-on pas privilégier le système de demi-pension qui serait plus utile aux clubs et moins préjudiciable aux chevaux ?

Il existe des solutions et chacun se doit d’y réfléchir de façon raisonnée pour trouver un moyen de sauver concrètement la filière équine française.

A bon entendeur…

 

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